Mi-octobre 2026, la trésorerie domine l’actualité : les avances PAC arrivent, le prix du gazole non routier baisse un peu et l’État étend ses mesures sécheresse. Côté lait, la poudre se raffermit, mais la relation entre industriels et organisations de producteurs se tend.

Avances PAC : versement à partir du 16 octobre

Ce qui se passe

Les avances des aides PAC 2026 sont versées à partir du 16 octobre, pour les dossiers déjà instruits. Elles couvrent l’aide de base, le paiement redistributif, l’écorégime, l’aide jeunes agriculteurs, la plupart des aides couplées animales et l’ICHN. Le taux annoncé est de 75 % pour le premier pilier, au lieu des 70 % habituels, et de 85 % pour l’ICHN. Le solde est attendu à partir de la première quinzaine de décembre.

À Bruxelles, la présidence du Conseil a présenté une nouvelle base de négociation pour la PAC 2028-2034. Elle réduit la réserve de crise et rend facultatif le plafonnement des aides au-delà de 300 000 €. Les ministres de l’Agriculture se réunissent les 26 et 27 octobre.

Ce que ça change pour un élevage laitier

L’avance porte sur des montants provisoires. Exemple fictif : une exploitation qui attend 40 000 € d’aides du premier pilier reçoit environ 30 000 € en octobre (75 %) et le reste en décembre. Les 5 points d’avance supplémentaires représentent 2 000 € encaissés deux mois plus tôt. C’est le moment de revoir le plan de trésorerie de fin d’année et le recours au découvert.

Points de vigilance

  • Seuls les dossiers instruits sont payés à cette date : un dossier en anomalie attend le solde.
  • Les montants peuvent être revus au solde ; mieux vaut ne pas engager l’avance comme un revenu définitif.
  • Pour la PAC 2028-2034, rien n’est arrêté : les textes évolueront encore au Conseil et au Parlement européen.

Sources

Pour aller plus loin : Le vrai coût du découvert sur une exploitation agricole et Combien de trésorerie garder sur une exploitation agricole.

GNR et engrais : remise de 20 centimes et guichets prolongés

Ce qui se passe

Le gazole non routier coûtait en moyenne 2,05 € TTC le litre la semaine du 9 octobre, pour des livraisons de moins de 5 000 litres. TotalEnergies annonce une remise de 20 centimes par litre de GNR pour les agriculteurs, du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027. Elle accompagne la libération de 10 millions de barils de stocks stratégiques. Les conditions pratiques (distributeurs concernés, volumes) ne sont pas encore connues.

L’aide publique de 15 centimes par litre est prolongée jusqu’à fin décembre 2026, et le guichet rouvre pour les achats d’avril à juin. Pour les engrais, l’aide de FranceAgriMer s’élève à 70 € par tonne pour les exploitations les plus exposées et à 50 € pour les autres, sur les achats de juin à septembre 2026.

Ce que ça change pour un élevage laitier

  • GNR : 20 centimes de remise représentent 200 € pour 1 000 litres livrés entre novembre et janvier.
  • Exemple fictif : un élevage consommant 3 000 litres par mois sur cette période économise environ 1 800 € s’il s’approvisionne auprès d’un distributeur qui applique la remise.
  • Engrais : 50 à 70 € par tonne achetée entre juin et septembre, soit 500 à 700 € pour 10 tonnes.

Points de vigilance

  • Mettre les fournisseurs en concurrence pour vérifier qu’ils répercutent bien la remise.
  • Garder les factures de GNR et d’engrais classées par mois facilite les dépôts aux guichets.
  • Le guichet engrais accepte une facture non acquittée pour réserver sa place ; la facture acquittée doit suivre avant début 2027.

Sources

Sécheresse des prairies : carte de l’indice, prêts à taux zéro et plan de relance

Ce qui se passe

Au Sommet de l’élevage, la ministre de l’Agriculture a annoncé plusieurs mesures. La carte communale de l’indice de pousse des prairies doit être publiée mi-octobre ; les commissions départementales d’expertise se réunissent en octobre, puis fin novembre après l’indice définitif. Des prêts de trésorerie à taux zéro sont prévus, jusqu’à 2 milliards d’euros : l’État prend en charge les intérêts des prêts bancaires proposés autour de 2,5 %. Les prêts de 2027 dépendent d’un amendement au budget. Un plan de relance agricole doit être discuté entre ministres le 15 octobre.

En Bretagne, la pousse de l’herbe était d’environ 10 kg de matière sèche par hectare et par jour fin septembre-début octobre, après des orages. Les rations restent surtout à base de stocks.

Ce que ça change pour un élevage laitier

  • Prêt à taux zéro : sur 10 000 € empruntés sur deux ans, l’économie d’intérêts est d’environ 260 € par rapport à un prêt à 2,5 %.
  • Assurance prairies : l’indemnisation dépend de l’indice de la commune et du contrat ; la carte de mi-octobre permet une première estimation.
  • Stocks : avec une pousse aussi faible, le bilan fourrager de l’hiver est à refaire avant de décider des achats ou des ressemis.

Points de vigilance

  • Les montants et l’accès aux prêts à taux zéro restent à confirmer par le vote du budget.
  • Pour un ressemis de prairie, attendre le redémarrage de la pousse avant de trancher.
  • Les éleveurs non assurés doivent se renseigner auprès de leur DDT ou DDTM sur la procédure et les délais.

Sources

Marché laitier : la poudre se raffermit, le prix payé reste sous pression

Ce qui se passe

Sur quatre semaines, la poudre de lait écrémé gagne 4,1 % sur le marché européen, à 321 € les 100 kg, tandis que le beurre recule de 1,3 %, à 413 € les 100 kg. L’enchère mondiale Global Dairy Trade du 6 octobre a progressé de 1,2 %, portée par la poudre.

Dans le même temps, Savencia a dénoncé son accord avec une organisation de producteurs de l’Ouest : la collecte doit s’arrêter en avril 2028, après le préavis de 18 mois. Selon la FNPL, les producteurs ont perdu 50 à 60 € par 1 000 litres depuis le début de l’année. Le coût de production de 2025 calculé par le Cniel est de 482 € par 1 000 litres.

Ce que ça change pour un élevage laitier

  • Chaque variation de 10 € par 1 000 litres représente environ 80 € par an pour une vache qui livre 8 000 litres.
  • Exemple fictif : un élevage de 100 vaches livrant 800 000 litres perd 40 000 à 48 000 € par an avec une baisse de 50 à 60 € par 1 000 litres.
  • La remontée de la poudre peut freiner la baisse des prix, sans garantie d’un rebond rapide.

Points de vigilance

  • Le coût de production du Cniel est une moyenne nationale : comparer le sien, calculé par son centre de gestion, au prix payé des derniers mois donne la marge réelle par 1 000 litres.
  • Les négociations commerciales 2027 avec la distribution se terminent le 1er mars 2027 : leur issue pèsera sur les prix du premier semestre.

Sources

Pour aller plus loin : Calculer l’EBE de son exploitation agricole en cours d’année.

Agenda des quatre prochaines semaines

  • 15 octobre : réunion des ministres sur le plan de relance agricole.
  • 16 octobre : début du versement des avances PAC.
  • Mi-octobre : publication de la carte de l’indice de pousse des prairies.
  • 20 octobre : enchère Global Dairy Trade ; vote de la première partie du budget 2027 à l’Assemblée nationale.
  • 26 et 27 octobre : Conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE.
  • 27 octobre : vote du budget de la Sécurité sociale 2027 à l’Assemblée nationale.
  • 1er novembre : début de la remise de 20 centimes par litre sur le GNR annoncée par TotalEnergies.

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