Semaine chargée côté réglementation. Les règles européennes sur la FCO et la MHE changent le 1er novembre, les ministres de l’Agriculture se sont accordés sur une partie de la PAC 2028-2034, et l’Assemblée a rejeté le budget de la Sécurité sociale. Sur les marchés, le blé recule nettement pendant que le colza remonte, et la distribution pose ses conditions avant les négociations commerciales.
FCO et MHE : de nouvelles règles d’échanges pour les bovins au 1er novembre
Ce qui se passe
Au 1er novembre 2026, la fièvre catarrhale ovine (FCO) change de catégorie dans le droit européen : elle passe en catégorie D + E. Le statut de zone « indemne » et les programmes d’éradication facultatifs disparaissent. Un nouveau règlement délégué (UE) 2026/795 fixe, pour la FCO et la MHE, les conditions de sortie des animaux vers un autre État membre : séjour de 60 jours dans une zone sans maladie déclarée, zone saisonnièrement libre de vecteurs, protection contre les insectes ou vaccination.
Pour la MHE, le ministère indique qu’un bovin destiné à l’export dans l’UE devra avoir passé au moins 60 jours dans une zone indemne, contre une règle générale de 30 jours jusqu’ici. Les animaux vaccinés peuvent partir 60 jours après l’injection, ou plus tôt avec un vaccin inactivé et une PCR négative.
Côté épidémie, le ministère recense 1 168 foyers de FCO 3 depuis début juin (point au 15 octobre), surtout dans le Sud-Ouest ; la Bretagne ne compte qu’un foyer, dans le Finistère. En France, les sérotypes 3, 4 et 8 sont considérés comme enzootiques : un foyer se déclare, sans mesure de gestion particulière.
Ce que ça change pour un élevage laitier
- Délai : un animal vendu vers un autre État membre devra justifier 60 jours (et non plus 30) en zone indemne de MHE, ou une vaccination faite au moins 60 jours avant le départ.
- Exemple fictif : un élevage qui prévoit d’expédier des génisses vers l’Italie début janvier doit, s’il passe par la vaccination, faire vacciner avant début novembre.
- Commerce en France : rien ne change pour les mouvements à l’intérieur du pays.
- Pertes : aucune indemnisation publique n’est annoncée pour les mortalités dues à la FCO en 2026 ; seule l’assurance mortalité, selon son contrat, peut jouer.
Points de vigilance
- La liste des communes en zone régulée MHE est mise à jour au 1er novembre : la consulter avant toute vente d’animaux.
- Les conditions finales sont celles du pays importateur.
- Un stock de plus de 800 000 doses contre le sérotype 1 (absent de métropole, présent en Espagne) reste mis à disposition par l’État ; les frais de prescription et d’injection restent à la charge de l’éleveur. Le choix du vaccin relève du vétérinaire.
Sources
- FCO : Bruxelles supprime le statut indemne au 1er novembre — France Épargne, 26/10/2026
- FCO : plus de 1000 cas de FCO 3 recensés depuis début juin 2026 — Réussir, 22/10/2026
- Contexte (plus de 7 jours) : Bovins/MHE : à partir de novembre, un nouveau délai de 60 jours pour les animaux exportés — Agra, 16/10/2026
Céréales et colza : le blé perd 17 €/t en une semaine, le colza en reprise
Suite de l’édition du 21/10/2026.
Ce qui se passe
À la clôture du 26 octobre, le blé meunier Euronext échéance décembre cote 226,50 €/t (−7,50 €/t sur la séance), contre 243,50 €/t au 19 octobre. Le maïs novembre s’établit à 282,75 €/t. Des récoltes mondiales abondantes pèsent sur les prix, et la prime de risque liée à la mer Noire se réduit avant des discussions annoncées entre l’Ukraine et la Russie.
Le colza prend le chemin inverse : l’échéance novembre clôture à 527,25 €/t (+15 €/t sur la séance), contre 493,25 €/t une semaine plus tôt ; l’échéance février 2027 cote 552,25 €/t. En Bretagne, le blé fourrager rendu Pontivy/Guingamp recule à 232,50 €/t et l’orge fourragère à 216,50-218,50 €/t, toutes deux en baisse de 7,50 €/t.
Ce que ça change pour un élevage laitier
- Vente de blé : −17 €/t sur la semaine. Exemple fictif : 40 ha à 7 t/ha, soit 280 t non vendues, perdent 4 760 € de valeur théorique.
- Vente de colza : +34 €/t. Exemple fictif : 30 ha à 3,5 t/ha, soit 105 t, gagnent 3 570 €.
- Achats d’aliments : l’orge fourragère à −7,50 €/t allège d’autant le coût des céréales achetées ; le tourteau de soja rendu Montoir recule aussi (454 €/t pour novembre, −6 €/t).
Points de vigilance
- Ces variations sont des cotations à terme : le prix payé dépend de la base locale et de la date de vente.
- L’échéance colza novembre arrive à expiration le 30 octobre.
Pour suivre l’effet des prix sur ses résultats en cours d’année : calculer l’EBE en cours d’année.
Sources
- Marché des céréales du 26 octobre 2026 : récoltes mondiales élevées et recul de la prime mer Noire — Réussir, 27/10/2026
- Marché des oléagineux du 26 octobre 2026 — Réussir, 27/10/2026
PAC : les Vingt-Sept fixent les règles de l’après-2027, dérogation sur les couverts pour 2026
Suite de l’édition du 21/10/2026.
Ce qui se passe
Le 26 octobre à Luxembourg, les ministres de l’Agriculture ont adopté à l’unanimité une approche générale partielle sur le règlement de la PAC 2028-2034. Le compromis de la présidence irlandaise a été amendé sept fois. Il précise notamment que les aides couplées peuvent viser les oléagineux, rétablit la « transparence » dans les sociétés (les plafonds s’appliquent à chaque associé) et reconnaît en partie la présomption de mise à disposition des terres.
Le texte prévoit un soutien au revenu dégressif fondé sur la surface, une définition obligatoire de l’agriculteur actif, des aides majorées pour les jeunes et un socle environnemental commun avec plus de souplesse nationale. Les montants, le plafonnement et la dégressivité sont renvoyés à la négociation du budget européen 2028-2034. La France ne s’est pas opposée au compromis, tout en regrettant la portée limitée de la présomption sur les terres. Le commissaire Christophe Hansen juge que le texte affaiblit l’ambition environnementale. Le Parlement européen doit arrêter sa position début 2027.
Pour la PAC en cours, un décret et un arrêté du 23 octobre (JO du 25 octobre) accordent, pour 2026, une dérogation générale à l’obligation de couverture des sols de la BCAE 6, à cause de la sécheresse. Elle vaut hors zones vulnérables nitrates et hors cinq départements du Sud-Est, sans demande individuelle.
Ce que ça change pour un élevage laitier
- Aides actuelles : aucun changement avant 2028.
- Après 2027 : le montant reste inconnu.
- Couverts 2026 : hors zone vulnérable, pas de pénalité PAC en l’absence de couvert cet automne. Dans les régions entièrement classées en zone vulnérable, les règles du programme d’actions nitrates s’appliquent comme avant.
Points de vigilance
- Hors zone vulnérable, noter l’absence de couvert dans son cahier d’enregistrement.
- En zone vulnérable, seule une dérogation préfectorale peut assouplir les obligations : se renseigner auprès de la DDT(M).
- Le budget européen 2028-2034 décidera du montant réel des aides ; les règles adoptées ne sont pas encore définitives.
Sources
- Pac post-2027 : les ministres de l’agriculture finalisent une approche générale encore partielle — Agra, 27/10/2026
- PAC 2028-2034 : les États de l’UE s’accordent sur les règles, pas encore sur les aides — Politique Matin, 27/10/2026
- Sécheresse : dérogation généralisée à l’implantation des couverts végétaux hors zones vulnérables — Réussir, 26/10/2026
- Agriculture : dérogation PAC 2026 sur les couverts végétaux (JO) — L’Officiel des métiers, 26/10/2026
Négociations commerciales 2027 : la distribution pose ses conditions avant le comité du 28 octobre
Suite de l’édition du 21/10/2026 (pacte de responsabilité annoncé avec la distribution).
Ce qui se passe
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a annoncé qu’elle ne participerait pas au comité de préparation des négociations commerciales du 28 octobre, prévu sous l’égide des ministres du Commerce et de l’Agriculture, tant que deux demandes ne seraient pas acceptées. Elle veut que les industriels affichent dans leurs conditions générales de vente la part de chaque matière première agricole, et un traitement différencié des PME par rapport aux grands groupes. Elle qualifie ces exigences de « préalables non négociables ».
Le ministère du Commerce maintient la réunion. L’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) reproche aux distributeurs de refuser de prendre en compte les surcoûts liés à la crise au Moyen-Orient. Les négociations annuelles, qui fixent les prix en rayon hors marques de distributeurs, se tiennent du 1er décembre au 1er mars.
Ce que ça change pour un élevage laitier
- Le prix du lait payé en 2027 dépendra en partie de ces négociations, via les formules des laiteries qui intègrent les prix de vente en France.
- Repères (publiés avant cette semaine) : coût de production Cniel 2025 à 482 €/1 000 L ; prix moyen du lait conventionnel de juillet 2026 à 430,9 €/1 000 L (Agreste).
Points de vigilance
- La transparence sur la part des matières premières agricoles existe déjà en partie dans la loi Egalim ; reste à voir ce qui sera retenu.
Sources
- Prix en rayon : les distributeurs menacent de boycotter une réunion à Bercy avec les agro-industriels — Pleinchamp, 26/10/2026
- Agra Fil du 26 octobre 2026 — Agra, 26/10/2026
PLFSS 2027 : l’Assemblée rejette le texte, le Sénat repart de la version du gouvernement
Ce qui se passe
Le 23 octobre, l’Assemblée nationale a rejeté en première lecture le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (scrutin n° 9097 : 1 voix pour, 115 contre, 22 abstentions). La partie recettes n’ayant pas été adoptée, la partie dépenses n’a pas été examinée. Le texte part au Sénat dans sa version initiale, sans les amendements votés par les députés ; l’examen en séance doit commencer le 9 novembre.
Parmi les amendements ainsi écartés figure une provision fiscale et sociale de 50 000 € pour les agriculteurs touchés par une affection de longue durée ou un accident grave, votée en séance le 22 octobre. Selon Agra, le texte prévoit par ailleurs une allocation pour les agriculteurs dont l’enfant est gravement malade. Le conseil d’administration de la CCMSA avait rendu un avis défavorable sur le projet.
Ce que ça change pour un élevage laitier
- Aujourd’hui : rien. Les cotisations MSA restent calculées selon le droit en vigueur tant que la loi n’est pas promulguée.
- La provision de 50 000 € n’existe plus dans le texte transmis au Sénat ; elle ne reviendra que si les sénateurs ou le gouvernement la réintroduisent.
Points de vigilance
- Si le Parlement ne s’accorde pas dans les délais, le gouvernement peut recourir au 49.3 ou aux ordonnances ; rien n’est décidé.
- Les mesures sur les retraites et les prestations seront à suivre au Sénat à partir du 9 novembre. Pour situer sa future pension : préparer sa retraite quand on est agriculteur.
Sources
- PLFSS 2027 rejeté par l’Assemblée : ce qui suit — MandaPro, 25/10/2026
- Rejet, en première lecture, du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 — Assemblée nationale, 23/10/2026
- PLFSS 2027 : les députés votent une provision fiscale et sociale pour les agriculteurs en ALD — Agra, 22/10/2026
Agenda des quatre prochaines semaines
- 28 octobre : comité de préparation des négociations commerciales à Bercy.
- 30 octobre : dernier jour de cotation du colza Euronext échéance novembre.
- 31 octobre : cotisation d’assurance récolte 2026 à régler en totalité pour garder la subvention.
- 1er novembre : nouvelles règles européennes FCO et MHE pour les échanges ; mise à jour des communes en zone régulée MHE.
- 9 novembre : début de l’examen du PLFSS 2027 au Sénat ; fin de la consultation sur le projet d’arrêté relatif aux plans d’eau de moins d’un hectare.
- 17 novembre : vote solennel de l’Assemblée sur l’ensemble du PLF 2027.
- Fin novembre : comités départementaux d’expertise sur l’indice prairies (données définitives).
Veille relue avant publication. Ces informations ne constituent pas un conseil juridique, fiscal ou financier.