La poudre de lait écrémé poursuit sa hausse pendant que le beurre s’effrite, ce qui soutient légèrement la valorisation beurre-poudre. À l’Assemblée, l’examen du budget 2027 avance sur la fiscalité agricole, et le gouvernement maintient au Sénat son projet de révision des contrats photovoltaïques S21. La pousse de l’herbe reste historiquement basse, et le premier comité des négociations commerciales s’est tenu sans la grande distribution.

Marché laitier : la poudre maigre gagne 200 €/t en octobre, le beurre recule encore

Suite de l’édition du 21/10/2026.

Ce qui se passe

Fin octobre, le prix moyen européen de la poudre de lait écrémé atteint 3 410 €/t, en hausse de 6,2 % sur quatre semaines, selon les données de la Commission européenne reprises par Grands Troupeaux Magazine. Le beurre recule à 4 060 €/t (−1,6 %). Début octobre, la série européenne donnait 4 130 €/t pour le beurre et 3 210 €/t pour la poudre.

L’écart entre les deux produits se resserre : selon l’indice Vesper au 21 octobre, il n’est plus que de 80 €/t, la poudre (3 700 €/t) ayant gagné 87 % depuis son point bas de décembre 2025 et le beurre (3 780 €/t) perdu 49 % depuis son pic de juin 2025. Vesper anticipe un beurre stable cet hiver. Côté acheteurs, la nutrition spécialisée signale une poudre en hausse de 50 % depuis janvier.

Ce que ça change pour un élevage laitier

  • Valorisation beurre-poudre, entre début et fin octobre : (+200 €/t × 0,092) + (−70 €/t × 0,045) = +15,25 €/1 000 L.
  • Report sur le prix payé, en retenant l’hypothèse d’un poids de 20 % de cet indicateur dans le prix : environ +3 €/1 000 L si les cotations restaient à ce niveau.
  • Exemple fictif : un élevage de 100 vaches livrant 800 000 L gagnerait environ 2 440 €/an.
  • Repères : prix moyen du lait conventionnel d’août 2026 à 435,20 €/1 000 L (−12,1 % sur un an) ; coût de production Cniel 2025 à 482 €/1 000 L.

Points de vigilance

  • La hausse reste faible face à l’écart entre le prix payé et le coût de production : environ 47 €/1 000 L sur les repères ci-dessus.
  • Les formules des laiteries combinent d’autres indicateurs (prix des produits vendus en France, cotations allemandes) ; l’effet réel dépend de chaque contrat.
  • Le coût de l’alimentation animale a augmenté de 6,7 % en semaine 43, selon la même source.

Sources

Photovoltaïque S21 : au Sénat, le gouvernement maintient la révision des contrats, avec des audits au cas par cas

Suite de l’édition du 21/10/2026.

Ce qui se passe

Auditionnée par la commission des affaires économiques du Sénat, la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a défendu la révision de certains contrats d’obligation d’achat photovoltaïques S21, prévue par l’article 82 du projet de loi de finances pour 2027. Elle vise les contrats jugés en « surrentabilité », souscrits selon elle à des tarifs de 25 à 50 % supérieurs à ceux d’installations comparables aujourd’hui.

La ministre annonce une révision non automatique : des audits seraient menés installation par installation, sans révision en l’absence de surrentabilité ni mise en difficulté des agriculteurs. Un sénateur a évoqué les installations sur bâtiments de 300 à 500 kWc, sans que le périmètre exact soit confirmé. À l’Assemblée, la commission des affaires économiques avait voté mi-octobre la suppression de l’article 82 ; la décision revient à la séance publique, puis au Sénat.

Ce que ça change pour un élevage laitier

  • Rien pour l’instant : les contrats en cours s’appliquent tant que la loi n’est pas votée et que ses textes d’application ne sont pas publiés.

Points de vigilance

  • La définition de la « surrentabilité » et la méthode des audits (investissement, financement, charges, fiscalité) restent à préciser.
  • Vote solennel de l’Assemblée sur l’ensemble du budget prévu le 17 novembre.

Sources

Budget 2027 : en séance, les députés portent le suramortissement des projets d’avenir agricole à 50 % et étendent le Pacte Papin à l’agriculture

Suite de l’édition du 07/10/2026.

Ce qui se passe

Le 30 octobre, lors de l’examen de la partie recettes du projet de loi de finances pour 2027, les députés ont adopté des amendements qui portent à 50 %, contre 40 % dans le texte initial, le taux du suramortissement des projets d’avenir agricole, une mesure nouvelle du projet de loi, pas encore définitivement votée : une déduction du résultat imposable, en plus de l’amortissement normal, étalée sur la durée d’utilisation du bien. Dans le texte initial du projet de loi, elle vise les bâtiments et installations (stockage, transformation, élevage, abattoirs) prévus par un projet reconnu au niveau régional et réalisés entre 2027 et 2030, pas tout investissement agricole. Ils ont aussi validé l’extension du « Pacte Papin » à l’agriculture, et rejeté des amendements qui alourdissaient la fiscalité des élevages soumis à autorisation ICPE.

Le gouvernement a déposé le 28 octobre deux amendements, présentés comme le « Pacte Genevard » : abattement fixe sur la plus-value du cédant partant à la retraite doublé à 1 M€ en cas de cession à un nouvel agriculteur, et droits de mutation réduits à 0,1 % sur l’achat d’immeubles ruraux, pour la part du prix inférieure à 150 000 €, avec engagement d’exploiter et de conserver le bien cinq ans. Il a déposé le 29 octobre deux autres amendements : l’un assouplit la réintégration de l’épargne de précaution quand des stocks de fourrage qui y sont assimilés sont consommés, l’autre ouvre l’avantage des projets d’avenir aux adhérents de coopératives et de Cuma qui les portent. Le détail des dispositions finalement retenues n’est pas encore publié.

Ce que ça change pour un élevage laitier

  • Projets d’avenir : sur un investissement éligible de 100 000 € (exemple fictif), le suramortissement passerait de 40 000 € à 50 000 € (déduction supplémentaire du résultat) ; à un taux marginal d’impôt et de cotisations de 40 %, l’économie passerait d’environ 16 000 € à 20 000 €.
  • Installation : un nouvel agriculteur achetant 150 000 € de foncier paierait environ 150 € de droits de mutation au taux de 0,1 %, au lieu de plusieurs milliers d’euros au taux de droit commun.
  • Sécheresse : un élevage qui puise cet hiver dans ses stocks de fourrage couverts par l’épargne de précaution aurait plus de temps pour réintégrer les sommes déduites, si l’amendement est adopté.

Points de vigilance

  • Rien n’est définitif : le texte doit passer le vote solennel du 17 novembre, puis le Sénat ; un rejet ou un recours au 49.3 changerait le contenu final.
  • Les montants dépendent du régime fiscal et du statut de chacun : à vérifier avec son centre de gestion avant tout investissement décidé pour la fiscalité.
  • Sur l’arbitrage entre épargne de précaution et trésorerie : combien de trésorerie garder.

Sources

Prairies : la pousse de l’herbe au plus bas depuis au moins 40 ans, la Bretagne revient dans les normales de saison

Suite de l’édition du 21/10/2026.

Ce qui se passe

Selon la note Agreste du 28 octobre, la pousse cumulée des prairies permanentes au 20 octobre accuse un déficit de 43 % par rapport à la référence 1989-2018. Elle représente 55 % de la pousse annuelle de référence, contre 96 % en moyenne à cette date, soit le niveau le plus bas depuis au moins quarante ans. Le mois écoulé n’a apporté que 2 % de la production annuelle normale, contre 8 % habituellement. Le déficit dépasse 30 % dans 85 % des régions fourragères.

En Bretagne, l’observatoire régional mesure une pousse moyenne de 18 kg MS/ha/jour du 20 au 26 octobre, conforme aux moyennes de saison. Le rendement annuel des prairies bretonnes reste estimé à 25 % sous la moyenne, avec de forts écarts entre exploitations. C’était le dernier bulletin hebdomadaire de la saison.

Ce que ça change pour un élevage laitier

  • Stocks : avec 25 % d’herbe en moins, un élevage qui récolte normalement 400 t de matière sèche d’herbe (exemple fictif) en manque environ 100 t pour l’hiver.
  • Achat : pour un fourrage acheté 150 €/t MS, ce déficit représente 15 000 €.
  • Pâturage d’automne : la reprise permet de prolonger le pâturage sur les parcelles portantes et d’économiser autant de stocks.

Points de vigilance

  • Les comités départementaux d’expertise sur l’indice prairies doivent se réunir fin novembre avec les données définitives.
  • Faire un bilan fourrager en milieu d’hiver, comme le recommande l’observatoire breton, pour anticiper les achats de printemps.
  • Pour suivre l’effet des achats d’aliments sur le résultat : calculer l’EBE en cours d’année.

Sources

Négociations commerciales 2027 : un premier comité sans la distribution

Suite de l’édition du 28/10/2026.

Ce qui se passe

Le 2 novembre à Bercy, les ministres de l’Agriculture et du Commerce ont réuni une quarantaine d’organisations agricoles et agroalimentaires pour préparer les négociations commerciales, qui s’ouvrent le 1er décembre. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) n’y a pas participé. Le ministre du Commerce a demandé que toute inflation profite d’abord aux agriculteurs et aux industriels les plus fragiles, et appelé à un « pacte de responsabilité ».

Le gouvernement rappelle que la loi d’urgence agricole avance au 31 janvier la fin des négociations pour les PME et ETI de moins de 350 M€ de chiffre d’affaires, à titre expérimental jusqu’à fin 2029. L’Ania, La Coopération agricole, l’Ilec et la FNSEA ont demandé la prise en compte de la hausse des coûts de production ; la Confédération paysanne réclame un arbitrage public et des contrats tripartites pluriannuels. De son côté, la FCD a publié une étude sur les marges des grands industriels.

Ce que ça change pour un élevage laitier

  • Le prix du lait de 2027 dépendra en partie de ces négociations, via les indicateurs de valorisation en France intégrés aux formules des laiteries.

Points de vigilance

  • Les décrets d’application de la loi d’urgence agricole sont attendus pour que le calendrier PME s’applique dès cette campagne.
  • Les hausses de GNR, d’engrais et les pertes liées à la sécheresse sont citées par les organisations agricoles ; leur prise en compte dépendra des accords signés.

Sources

Agenda des 4 prochaines semaines

DateÉchéance
04/11La Commission européenne présente son programme de travail 2027
09/11Début de l’examen du PLFSS 2027 en séance au Sénat
17/11Vote solennel de l’Assemblée sur l’ensemble du PLF 2027
Fin novembreComités départementaux d’expertise sur l’indice prairies (données définitives)
01/12Ouverture des négociations commerciales annuelles

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